SCÈNE XL
DORIGOUR, LÉONARD, Madame LÉONARD, HENRIETTE.
Qu'est-ce donc, mon père?
DORIGOUR.
Grande, grande nouvelle, mon enfant! il y a deux messieurs de Boulanville.
HENRIETTE
Il y en a deux !
DORIGOUR.
Oui, tous deux neveux de mon ami, cousins germains : l'un jeune, aimable, riche, spirituel, honnête; l'autre, âgé, méchant, sot, dérangé dans ses mœurs et dans sa fortune, et d'une probité fort équivoque.
HENRIETTE
Et comment savez-vous?... Qui vous a dit?
DORIGOUR
Comment je sais?.... On ne me l'a pas dit, je l'ai deviné.
Ah! mon père, je ne veux pas épouser le méchant.
DORIGOUR.
Je ne veux pas non plus que tu l'épouses; mais l'honnête homme!... Ah! l'honnête homme! Il s'agit de savoir où il est. Le méchant fait la cour à une madame de Verbois; qu'il l'épouse. Une veuve dont on ne m'a pas dit le nom, est éprise de l'honnête homme; nous arrivons à temps pour empêcher ce mariage. J'ai voulu