SCÈNE III
LE CAPITAINE, Madame DARMAIN VILLE , CHARLES.
MADAME DARMAINVILLE.
Oli ! c'est délicieux ! voilà donc ce que vous nous cachiez avec tant de soin. C'était une ruine abandonnée, disiez-vous. Ah! capitaine, quel goût, quelle élégance, quelle richesse!
LF. CAPITAINE.
N'est-ce pas , madame ?
MADAME DARMAINVILLE.
Les beaux tableaux ! C'est de l'Histoire sainte , je crois.
LE CAPITAINE
Eh ! non , madame , c'est de la Fable. Vénus et Adonis.... Diane et Endymion.
Eh! oui, de la Fable. Et que voulez-vous faire de ce charmant endroit?
LE CAPITAINE
Eh! mais un cabinet d'études où l'on viendra lire, se reposer, déjeuner, prendre le café, se quereller,.... se raccommoder.
MADAME DARMAINVILLE.
Ah! oui, se raccommoder.... Ce demi-jour a quelque chose de religieux, de solennel, de tendre; ces fleurs répandent un doux parfum. Savez -vous que je ne voudrais pas me trouver ici en téte-à-tête....
LE CAPITAINE
Avec moi ? Ma foi , madame.... [A Charles^ Admire
288 LE CAPITAINE BELRONDE.
l'effet de mon pavillon. La mère elle-même m'y paraît
jeune et jolie.
MADAME DARMAINVILLE.
Que dites-vous ?
CHARLES
Mon oncle et mol , madame , nous admirons en vous cet air de fraîcheur, de jeunesse.
MADAME D ARMAIIS'VILLE.
Est-il vrai? [Se levant.) Mais à quoi vais-je penser? Quand on a une fdle à marier.... Elle est bien aimable, ma fille.
Que de grâces! que d'attraits! quel heureux caractère !
CHARLES
Oui. Je n'ai pas l'honneur de la connaître autant que la pupille de mon oncle. C'est celle-là qui joint à la plus intéressante figure un caractère charmant. Comme elle est bonne, sensible! [A part.) Quel embarras! je voudrais plaire à la mère ; je veux empêcher mon oncle de songer à la fille.