ACTE 11, SCENE VU
sincère ami comme vous, n'ai-je pas droit d'exiger un langage plus sensé, plus convenable à deux personnes qui se trouvent liées entre elles par le sentiment,.... la raison.
LE CAPITAINE
Oui , mon aimable et tendre amie ; ab ! que vous me cliarmez! Oui, revenons à la raison,... au sentiment...
Votre neveu m'a dit que vous désiriez avoir un entretien avec moi.
LE CAPITAINE
Mon neveu vient de me dire que vous vous proposiez de me faire une confidence.
11 est vrai.
LE CAPITAINE
Eh bien! madame... parlez.
MADAME DE MONTCLAIH.
Non, parlez le premier, mon ami.
LE CAPITAINE
Riche, n'étant pas très-agé, doué d'une ame sensible, j'ai pensé qu'il m'était permis encore de songer à couler doucement mes jours avec une compagne...
Eh quoi , vous seriez amoureux ?
LE CAPITAINE
Oui ; j'aime : mon neveu , garçon sensé, mon unique héritier, m'approuve, m'encourage...
MADAME DE MONTCLAIH.
Eh! qui ne vous approuverait pas, cher capitaine? que vous méritez bien....
LE CAPITAINE
Ah! madame... {/l part.) Elle est à moi.
LE CAPITAINE BELRONDE.
Et moi aussi , j'aime.
LE CAPITAINE
Vous aimez ?
Jeune , douée de quelques agréments , comme on veut bien me le dire, aurais-je pu rester insensible...?
LE CAPITAINE, Cl part.
Oh ! quelle tournure délicate de m'a vouer....
Mais ce n'est pas tout.
Comment....
Quoique veuve , et par conséquent maîtresse de mes actions, je dois des égards à ma famille, et sur-tout à mon oncle le président, de qui dépend toute ma fortune. Vous êtes Hé avec lui ; vous avez tout pouvoir sur son esprit.
LE CAPITAINE
Il m'aime et m'estime, j'ose le dire.
Puisque j'ai déjà été si loin avec vous, il faut que j'achève.
LE CAPITAINE
Oui , belle et sensible amie , achevez.
Mais quoi ! j'interromps la confidence que vous-même aviez commencée.
LE CAPITAINE
N'est-ce pas m'occuper de mes propres intérêts, que de m'occuper des vôtres?