ACTE II, SCENE XIV. 3i
LE CAPITAINE
Mon père..... Morbleu! l'un arrive; madame le retient, et il se trouve que c'est son mari; l'autre fait le niais, et e'est un sournois qui adore ma pupille. Que de trahisons!
VICTORINE
Eh ! quoi ? monsieur est le mari de madame de Montclair ?
Ah! capitaine, vous aviez promis de nous garder le secret.
LE CAPITAINE
Eh! qu'importe? puisque je me charge d'instruire et d'apaiser votre oncle.
Et ces jeunes gens ?
LE CAPITAINE, auec lin reste de colère. Ces jeunes gens.... (.A part.) Allons, il ne me reste plus à choisir. (^Haut.) Nous verrons. (^ Olivier.) J'écrirai à votre père. En attendant, quand je défendrais à ma pupille de vous aimer...., ce serait l'exposer à me désobéir.
OLIVIER, sautant au cou du capitaine.
Ah! mon cher tuteur, que je vous embrasse.
Mon ami.
OUTILLE II L.
Brave capitaine.
C'est bon, c'est bon. Mais service pour service,
Disposez de moi et de monsieur Dutilleul.
316 LE CAPITAINE BELRONDE.
VICTORINE
Comptez sur moi et sur monsieur Olivier.
OLIVIER
Nous voilà tous les quatre à vos ordres.
LE CAPITAINE
Fort bien, à mesure que j'échoue, j'acquiers des amis. {Prenant à part madame de Montclair.) Il me faut renoncer à Victorine; c'est dur; mais je n'en persiste pas moins à vouloir me marier : ma pupille
j'y songeais un peu ; c'était tout naturel. Mais Rose ! voilà celle que j'aime véritablement.
He bien! mon ami, ces jeunes gens ne sont pas de trop.
LE CAPITAINE
Non, ils ne sont pas de trop.
MADAME DE MONTCLAiR, h Victorine.
Votre tuteur est amoureux de mademoiselle Darmainville.
VICTORINE
De ma bonne amie! Mon tuteur, c'est là un bon choix pour vous.
DUTILLEUL
Excellent.
OLIVIER
Elle vous aime, je le gagerais.
DUTILLEUL
J'en suis sûr ; comment ne pas vous aimer ? Vous êtes riche, vous êtes bon, vous êtes jeune.
OLIVIER
Oui, oui, vous êtes jeune. Ah, que je suis heureux que vous n'ayez pas pensé à votre pupille ! vous auriez été pour moi un rival dangereux.