‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 259 sur 433 · ROSE, VICTORINE · texte numérisé non relu

ROSE, VICTORINE

ROSE

Eh ! mais d'où te vient donc cette gaieté , à toi ordinairement si sérieuse ?

33o LE CAPITAINE BELRONDE.

VICTORINE

Tu le sauras ; mon tuteur est le meilleur homme!.... Mais toi , ordinairement si gaie, si étourdie, pourquoi cette tristesse?

ROSE

De la tristesse! J'ai de l'humeur, du dépit plutôt. Adieu tous nos heaux projets de plaisirs dans ce château, pour moi du moins: ma mère veut retourner à Paris.

VICTOR I]VE

Elle qui a tant d'amitié pour mon tuteur?

ROSE

Eh bien! à présent on dirait qu'elle veut se brouiller avec lui. Elle m'a presque recommandé de lui faire mauvaise mine. Je ne le pourrais pas d'abord. Je l'aime tant ce bon capitaine ! C'est l'arrivée de monsieur Charles qui a contrarié ma mère. Je te demande un peu ce que lui a fait ce pauvre jeune homme. Ce n'est pas que je ne lui en veuille beaucoup moi-même : c'est bien maladroit à lui d'avoir déplu à ma mère. Pourvu qu'elle ne veuille pas m'emmener pour terminer un riche mariage, dont elle ne cesse de me parler depuis quelques jours , sans me nommer la personne qu'elle veut me faire épouser. Tu es bien heureuse! tu as un bon tuteur qui ne te mariera pas malgré toi.

( Ici Charles parait au fond du théâtre. )

VICTORINE

Console-toi ; tu ne partiras pas ; ce cher tuteur saura bien retenir ta mère. Confie-toi à lui. Je suis bien trompée si lui-même n'a pas un secret à te révéler.

ROSE

Quel secret?

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