‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 278 sur 433 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Du LAURENS, FEUGÈRES.

FEUGÈRES, s' approchant de Du Laurent.

Qu'il parle de la fierté des autres; nous avons été au collège ensemble : il avait bonne mémoire alors ; il paraît qu'il l'a perdue dans le inonde. Pourquoi se souviendrait-il de moi? De quel avantage peut être pour sa fortune un simple lieutenant aux Gardes ? Je dois vous savoir gré de vouloir bien me parler encore, vous premier médecin de sa majesté; nuais non, je sais mieux vous rendre justice, vous ne méconnaissez pas vos amis. Je pardonnerais volontiers àDangel son arrogance , son oubli; mais laisser sa sœur dsms l'indigence, tandis qu'il vient briller au Louvre ! c'est aussi par trop courtisan.

DU LAURENS

Ail! mon cber Feugères, quelle belle étude que la Cour pour un médecin un peu babile à observer tous ces adorateurs de la fortune, qui vont, viennent, montent, descendent, passent , et disparaissent ; aujourd'bui encbantés d'être nommés à un nouveau poste , pliant sous le poids de leur bonbeur; demain se croyant en droit de prétendre à de plus grandes places , et déjà tourmentés de la crainte d'être précipités 1 Les voilà vingt dans cette galerie : regardez-les ; vous ne verrez qu'une seule figure, un même masque plutôt, bien épanoui , bien satisfait de soi-même et des autres; mais que je leur tâte le pouls... ([uelle fièvre d'ingratitude.

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