SCENE VIL
Du LAURENS, FEUGERES, Madame df CASTENET, D'ERLANGE.
d'erlange.
Vous ici , ma nièce ? N'apprendrez-vous jamais à bien faire votre cour? Toutes les autres dames sont déjà chez la reine. [Prenant sa nièce a part ^ a demi-voix , mais assez haut pour être entendue) La vieille marquise de Maignan est arrivée une des premières. Je vous ai fait confidence de mes projets; vous sentez combien nou5
36o UNE MATINEE DE HENRI IV.
avons intérêt de la ménager. Son fils unique serait un excellent parti pour vous.
FEUGÈRES
Ciel!
MADAME DE CASTENET.
Parlez donc plus bas , mon oncle,
d'erlange.
Pourquoi ?
MADAME DE CASTENET.
Ce pauvre Feugères qui s'avise d'être amoureux de moi.
d'erlange.
Qui ? Feugères ? Ah ! le lieutenant : comment , il a osé lever les yeux?... Le roi n'aime pas les mésalliances.
madame de CASTENET.
Oui; dès qu'une femme tient une place à la Cour, ce n'est pas pour elle, c'est pour sa famille quelle doit
D ERLANGE.
Parbleu ! J'ai déjà préparé les voies auprès du commandeur, l'oncle du jeune Maignan. Quand je me mêle d'une affaire, on peut s'en fier à moi. Allons, venez.
( Il offre la main a sa nièce. ) MADAME DE CASTENET, donnant la main a son oncle ^ et regardant Feugères.
Il est bien malheureux qu'il ne soit qu'un simple lieutenant.
FEUGÈRES
Pourquoi faut-il qu'elle soit riche et titrée ! i^D'Erlaiige conduit sa nièce jusqu'à la porte de
r appartement de la reine , et va joindre les autres
courtisans dans une autre salle. )