‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 298 sur 433 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

Le roi, SULLY, Du LAURENS.

LE ROI

OÙ va-t-il ?

DU LAURENS

Vous imiter, sire, et faire une pension à sa sœur.

LE ROI

Qu'en dites-vous, Rosny? n'est-ce pas là une bonne manière de faire accomplir à un homme un devoir qui

lui répugnait? Si j'avais donné dans un vice , il s'y serait lancé avec le mcmc empressement. Ainsi l'homme de cour s'accommode au, goût et à l'inclination du prince. Le peuple imite les courtisans, et le roi doit prêcher les vertus d'exemple et de parole, puisque sa parole et son exemple sont comme des talismans qui font agir les autres hommes. Mais voilà nos discours qui devieiment sérieux d'enjoués qu'ils étaient, et je ne le veux pas.

DU LAURENS

Tandis que sa majesté est en train de commander de bonnes actions, monsieur le duc, ne pourriez -vous pas lui dire un mot en faveur de Feugères ?

LE ROI

Qu'est-ce que Feugères ? Un lieutenant de mes gardes, je crois.

SULLY

Oui , sire , 11 a servi sous moi dans la guerre de Savoie. Il est brave jusqu'à la témérité ; il a une mère infirme , une jeune sœur fort intéressante : sa fortune est médiocre, et il en mérite une meilleure. Son père a rendu des services importants à votre majesté pendant la Ligue, et il en a été peu récompensé.

LE ROI

Eh bien! mon ami, que puis-je pour lui ? Je le contenterai, si raison et justice le peuvent faire.

SULLY

Il aime madame de Castenet,

LE ROI

Une fort jolie femme. Son mari fut un de mes bons serviteurs.

SULLY

Elle est riche et fière.

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