UN COURTISAN
Je vous ai toujours aimé, estimé.
( Tous s'empressent autour de Feugères et l'accablent d'embrassades. ) feugères.
Messieurs, je suis sensible.... je sais apprécier....
DU LAURENS
Messieurs, ne l'étouffez pas.
FEUGÈRES, avec dépit.
Ah ! madame de Castenet, vous consentez d'épouser
le marquis de Maignan ; c'est fort bien.... {^vec j'oie.)
Quel bonheur! quel avenir! je connais le roi, il n'en
I j restera pas là. Je ferai un chemin très-rapide. Capitaine
à vingt-deux ans, je serai colonel à trente. Que sais-je ensuite? {A Du Laure/is qui s'est approché et qui lui tâte le poux.) Eh bien 1 qu'est-ce que vous faites donc, docteur?
DU LAURENS
J'en étais sûr ; il y a un accès.
FEUGÈRES
De quoi?
DULAURENS
De cette fièvre que donne le bonheur, et qui absorbe tous les autres sentiments.
FEUGÈRES
Qui? moi? Vous vous trompez. Je ne .m'oublie pas. Mes sentiments sont toujours les mêmes. Ne me faites pas l'injure de croire que je sois moins votre ami ; au contraire. Je sens ce que vous avez fait pour moi, et, si je suis flatté de ce qui m'arrive , c'est sur-tout par l'espoir de servir dignement mon prince et mon pays.
DU LAUREIVS.
Oui, on accepte des places par zèle pour l'état, par attachement pour le roi. C'est comme moi qui ne songe qu'à la gloire de mon art; mais qui ne suis pas fâché d'être premier médecin de Sa Majesté.
d'erlange.
Je le crois bien; je ne suis pas démonstratif; vous le savez; mais vous me voyez transporté... [Montrant madame de Castenet qui entre.) Et voici ma nièce qui se joint à moi....