LE II
Il VOUS méprise î ventre saint - gris ! qu'on clierche Feugères, et qu'il vienne sur-le-champ. Eh hien , grand-maître , que dites-vous de votre protégé ?
SULLY
Je dis, sire, que mon protégé ne sait pas mieux se posséder qu'un autre dans la prospérité.
LE ROI
Vive Dieu! S'imagine-t-il que c'est pour le rendre sot et orgueilleux que j'ai pensé à Tenrichir. Eh bien ! est-on allé chercher Feugères?
DU LA.URENS.
Oui, sire.
MADAME DE CASTENET,
Ah ! mon Dieu ! le roi est en colère.
d'eRL ANGE.
Tant mieux, je laisse de coté notre injure personnelle, sire; certainement, nous ne pouvons être humiliés des mépris de monsieur de Feugères ; ce qui me touche, c'est.... tranchons le mot, son espèce d'ingratitude envers votre majesté. Regarder comme une dette ce qui n'est qu'un bienfait!
MADAME DE CASTETVET.
Vous allez trop loin , mon oncle.
d'erlange.
C'est possible, ma nièce, mais c'est le zèle....
SULLY
Zèle de cour qui exagère le mal, et diminue le bien..,
le ROI.
Oh ! je le punirai.
madame de caste ne t.
Sire, monsieur de Feugères a parlé de votre majesté
dans les termes de la plus vive et de la plus sincère reconnaissance. Il est jeune , il est ambitieux; mais son cœur est bon. 11 est le soutien de sa mère, de sa sœur. Ses torts envers moi ne doivent pas faire oublier au roi sa bravoure , ses services , les services de son père. Est -il plus coupable de me dédaigner à présent, que je ne l'étais de le dédaigner avant qu'il fût en faveur ?
LE ROI
Il est fort généreux à vous de l'excuser, madame, mais moi...
MADAME DE CASTENET.
Moi, sue, je ne l'excuse pas; car je dois l'avouer à votre majesté, je l'aimais. A présent, je le déteste; mais ne le punissez pas.
LE ROI ^ en souriant a Sully.
Qu'en dites -vous, grand -maître? Voilà une jeune femme bien éprise.