SCENE IL
MONTGRAVIER, Madame MONTGRAVIER, CLÉMENCE, Madame VANGLAS.
madame vanglas.
Qu'il me tardait de faire connaissance avec vous, madame ! Je vous ai fait un peu attendre.
MADAME MONTGRAVIER.
Ah! madame, je sais ce que c'est que les embarras d'une maîtresse de maison.
MONTGRAVIER.
Et sur -tout quand elle prépare une surprise à son mari. Comme c'est touchant !
MADAME VANGLAS, apercevant Clémence.
Voilà une bien jolie personne. C'est mademoiselle votre fille.
MADAME MONTGRAVIER.
Madame veut rire sans doute; je ne crois pas être d'âge....
MADAME VANGLAS.
Ah! pardon; mademoiselle a l'air si jeune... [A part. ^ Pauvre femme ! je suis fâchée de lui avoir fait de la peine.
MONTGRAVIER.
C'est mademoiselle Clémence de Saint-Phar.
MADAME VANGLAS.
Ah! oui, je l'attendais; la fille d'un ami de monsieur de Vanglas.
Mon père m'a chargée de vous exprimer tous ses regrets, madame; il espère avoir bientôt l'honneur de vous saluer.
MADAME VANGLAS.
Je serai très-contente de le voir. Mon mari est l'ami de votre père, et moi, du premier coup d'œil, je me sens pour vous une véritable affection.
CLÉMENCE
Eh bien ! madame , c'est aussi ce que j'éprouve pour vous. [A part^ Moi qui craignais qu'elle ne fût fière!
MONTGRAVIER.
Nous sommes venus de bonne heure. Au moment où j'ai reçu votre aimable invitation , madame Montgravier était déjà décidée à vous faire une visite.
MADAME MONTGRAVIER.
Nous allons nous retirer si nous vous gênons. MADAME VANGLAS, examinant Clémence avec intérêt.
Piestez; vous ne me gênez pas. Sans compliment, mademoiselle a une physionomie qui prévient en sa faveur , et je vous sais bien bon gré de l'avoir amenéeJ