‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 380 sur 433 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

VANGLAS.

C'est un homme odieux!

M ONTG RAVIER.

Eh! mais taisez-vous donc.

VANGLAS.

Vindicatif.

MONTGRAVIER, Cl pCU't.

Eh! mais il est fou.

VA]?fGLAS.

Méchant!

MONTGRAVIER.

Vous VOUS perdez , vous me perdez.

VANGLAS.

Quand je pense à tous les mensonges qu'il m'a faits et qui vont lui servir de prétexte pour persécuter mon malheureux ami.... Je voulais lui répondre; mais que dire à un homme emporté qui ne vous laisse pas le temps d'achever une phrase?

MONTGRAVIER.

Eh! mais c'est vous qui ne voulez rien entendre. (^Regardant si personne n'entend.) Personne ne nous écoute. Oui, je conviens que ce bon abbé est un véritable fléau... mais il faut le dire tout bas.

VANGLAS.

Pourquoi donc cela? Je le brave.

MONTGRAVIER.

C'est à merveille. Si vous vous croyez assez fort pour le braver je vous en fais mon compliment; mais moi,.... je n'en suis pas encore là.

VANGLAS.

Qu'il me poursuive, qu'il m'exile, qu'il me perde, s'il veut, avec Saint-Phar.

48o LES ANCIENS AMIS.

MONTGRAVIER.

Eh! mais qu'est-il donc arrivé? De quoi est menacé mon respectable ami Saint-Pliar?

VANGLAS.

Eh quoi! ignorez -vous Eh quoi! Villeneuve et

Saint-Phar ne vous ont point dit?...

MONTGRA VIER.

Eh! mon Dieu! non, ils ne m'ont rien dit.

VANGLAS.

Mais vous êtes l'ami de Saint-Phar, vous connaissez les devoirs de l'amitié, et, s'il le fallait, vous sauriez les remplir dans toute leur étendue.

MONTGRAVIER.

Oui, certes.... Cependant.... Je voudrais savoir....

VANGLAS.

Voici Villeneuve ; je l'attendais.

MONTGRAVIER, Cl part.

Tant mieux! il va peut-être cesser, devant Villeneuve, ces discours imprudents qui me causent un tremblement universel.

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