SCÈNE VI
DORICOUR, HENRIETTE, Madame LÉONARD, LÉONARD.
DORICOUR
Parbleu! ce jeune homme est bien aimable.
MADAME LÉONARD
N'est-ce pas, monsieur?
DOR ICOUR.
Je ne désire pas trouver mieux dans le bon monsieur de Boulanville.
MADAME LÉONARD
Eh ! mais , monsieur , si c'était lui.
DORICOUR.
Comment , si c'était lui ?
Plaît-il , madame ?
LÉONARD, à part.
Ah ! c'est trop fort.
62 M. DE BOUL AN VILLE
DO RI COUR
Parlez , expliquez-vous.
MADAME LÉONARD
Moi , monsieur ? Je dis que de plus en plus je trouve une ressemblance frappante entre lui et le portrait que vous a fait le premier voyageur.
DORicouR, vivement.
Je vais plus loin : je vois une grande ressemblance entre lui et mon ami , l'oncle des Boulanville. Oui , mon pauvre ami avait la même générosité , le même désintéressement.
HENRIETTE
Mais 11 se nomme Raymond.
DORICOUR.
Il a peut-être deux noms. Raymond ! c'est un prénom ; il V a un saint qui s'appelle Raymond. Cependant je ne dis pas.... ^lais tous les jours les plus bonnêtes gens n'ont-ils pas des motifs pour taire leur véritable nom.
MADAME LÉONARD
Un procès, une affaire d'honneur, une intrigue d'amour.
DUR ICOUR.
Avez-vous remarqué les rapports, les analogies qui existent entre sa famille et celle des Boulanville.
MADAME LÉONARD
(Comment ?
DORICOUR.
Il regrette un de ses oncles qu'il n'a jamais connu ; il est en procès avec un cousin.
MADAME LÉONARD
C'est vrai.