CLÉMENCE, VILLENEUVE, VANGLAS, SAINT- PHAR, FRANCOEUR
(^Faiiglas entre par le fond; Saint-Phar et Francœur sortent du cabinet. )
FRAivcoEUR, parlant de la coulisse.
Il n'y a pas de sûreté ici pour nous , mon commandant.
VANGLAS, apercevant Saint-Phar et courant à lui. Quelle imprudence! Pourquoi vous montrer? venir dans ce salon?
VILLENEUVE, avcc forcc.
Et vous, pourquoi le dénoncer?
Qui? moi!
VILLENEUVE
Oui , vous. Je viens de voir le rapport que vous avez fait contre lui.
SAINT-PHAR
Contre moi! Vanglas! un rapport!
VILLENEUVE
Ecrit de la main de son secrétaire , et signé de la sienne. Ah ! si vous n'étiez pas le plus faible des hommes, il faudrait vous fuir comme le plus pervers.
VA]\"GLAS
Permettez.... Ce rapport.... Il fallait le faire.... mais je me proposais....
SAINT-PH AR
Point d'excuses ; Faction n'en admet pas.
VANGLAS.
Eh bien! oui. Après avoir vainement essayé de fléchir votre ennemi , j'ai été forcé.... Mais je ne lui en ai pas moins donné un asyle ; mais je ne veux pas moins le soutraire à la persécution dont il est l'objet. Rentrez dans votre retraite; demain, avant le jour, vous partirez pour ma terre. Je vous offre une voiture, un passe- port, de l'argent, s'il vous en faut.
Qu'il accepte ces offres si elles lui conviennent ; quant à moi , je sais ce que j'ai à faire. Où sont les pièces justificatives que tu m'as annoncées? sai:nt-phar, remettant des papiers a Filleneuve.
Les voilà. La copie de ma lettre à Leblanc, qui ne contient que des vérités, la lettre....
VILLENEUVE, prenan t les papiers.
Donne; je prends tout. Non, non, Saint-Phar, ce n'est pas toi qui es perdu. Suis-moi, Francœur; je peux avoir besoin de toi. Je ne suis ni faux ni faible, moi ; je n'ai pas une double physionomie , un double caractère ; je ne sers pas et je ne trahis pas tout ensemble les deux partis. Vous vous êtes fait l'accusateur de Saint-Phar pour complaire à votre protecteur, et moi, s il le faut, je me fais votre accusateur pour sauver mon ami.
{ Il sort avec Francœur. ")