‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 426 sur 433 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

CLÉMENCE, VANGLAS, Madame VANGLAS, SAINT-PHAR , MONTGRAVIER.

M ONTG RAVIER.

J'accours tout effrayé. La fête est troublée; notre secret est découvert , chacun cherche à s'esquiver. Que vois-je ? Saint-Phar ici ! dans un salon tout ouvert !

SAINT-PHAR

Montgravier , si tu n'as pas de répugnance à me recevoir , je retourne à l'instant chez toi.

MONTGRAVIER.

Et pourquoi donc ? tu es si bien ici , si tu veux t'y i-acher.

s A I N T - P H A li .

Je vous entends, mon courageux cousin. Eh ])ien i je suis las de me prêter à toutes ces précautions, je n*^

songe plus à sortir de cette maison, mais je me résigne

à mon sort; vienne qui voudra, je me mojitre, et je

me nomme.

[Saint- Phar s'assied près d'une table, la tête appuyée sur une main ; sa Jîlle lui prend Vautre main , et ni l'un ni l'autre ne prennent part aux discours des autres interlocuteurs^

MONTGRAVIER.

Je vois ce que c'est. On aura dit à Saint-Phar ce qu'on m'a dit à moi-même, que tout en le recueillapt vous l'accusiez.

MADAME VANGLAS.

L'accuser ! Qui ? vous ! Ah ! Vanglas , qu'avez-vous fait ?

MONTGRAVIER.

C'est ce Dervière qui tient ces discours , et bien d'autres encore.

VANGLAS.

Et toujours Dervière ! Quels autres discours ?

MONTGRAVIER.

Que dans ce moment même on travaille auprès de Son Altesse contre vous et contre le ministre ; et comme on craint moins de s'expliquer sur vous que sur le ministre, il s'ensuit que la haine qu'on lui porte s'exhale contre vous. J'ai voulu leur faire sentir qu'il était odieux de mal parler des gens chez eux-mêmes; ils n'en ont tenu compte , et tous vos bons amis paraissent déjà tous réjouis de votre prochaine disgrâce.

MADAME VANGLAS.

Les voilà bien !

Ma disgrâce! ah! qu'ils ne s'en réjouissent pas en^

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