SCÈNE XL
DORICOUR, BOULANVILLE, Madami; LÉONARD.
no RI COUR.
Hé! mais, monsieur, que voulez-vous de plus? Oui, j'étais l'ami intime de votre oncle; je suis son légataire universel; sa fortune est à moi; vous n'y avez pas plus de droits qu'à la main de ma fille. Je désire trouver un gendre dans le neveu de mon ami. Mais vous devez sentir que j'ai besoin de vous connaître , de vous éprouver.
boulanville.
Éprouvez-moi. xih! monsieur, que mon oncle a bien fait de choisir pour légataire un homme aussi juste, aussi délicat!... D'autres voudraient voir le testament, plaider, chicaner; mais moi!.... je respecte l'ami de mon oncle, je souscris aveuglément à ses dernières volontés; et d'ailleurs épris comme je le suis de votre charmante fille... Oui... sa vue seule a suffi pour allumer dans mon cœur une passion.,..
MADAME LÉONARD, bcLS Cl DoiiCOW.
Et madame de Yerbois?
DORICOUR, (i madame Léonard.
N'ayez pas peur que je l'oublie. {A Boidarwillc.)
io4 M. DE BOULANYILLE.
Mais qu'est - ce que c'est qu'une certaine madame de Verbois ?
BOULA:^ VILLE
Madame de Verbois! Comment!... On vous a parlé d'elle? Hé, mon dieu oui, dès que nous autres gens un peu marquants dans le pays nous avons la moindre aventure, cela devient la nouvelle de toutes les sociétés. Petite intrigue déjà rompue, et qui ne doit pas vous causer la plus légère inquiétude.
DORICOUR.
Petite intrigue!
BOULAjN VILLE.
Tenez, monsieur Doricour, j'ai des ennemis. Vous savez comme mon oncle le mauvais sujet, votre respectable ami , a été victime d'affreuses calomnies. De grâce ne croyez pas à celles qu'on vous débitera sur mon compte.
DORICOUR.
Monsieur de Boulanville , je vais chez le notaire du bourg, que j'aurais déjà dû voir. Tâchez de vous faire estimer de moi, de ma fille; mais, avant tout, apportez-moi la promesse de mariage que vous avez faite à madame de Verbois , ou un écrit d'elle qui me prouve qu'elle renonce à vous. Sans cela , point d'affaires. Bien le bon jour : nous nous reverrons.
( // son. )