‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 100 sur 391 · ACTE II, SCENE IX. itii · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IX. itii

BELFORT

Ah! jugez mieux de moi, mon père.

C'est aujourd'hui le premier jour Que, sous l'auspice de l'amour, J'ai su passer au monastère.

SŒUR EUPHÉMIE

Ah ! monsieur , jugez mieux Belfort ; Il est fidèle, et m'aime encor.

C'est pour moi seule , hélas ! qu'il est coupable ; Punissez-moi, si vous le punissez.

l'abbesse.

Soeur Euphémie en est! ô ciel! en est-ce assez! (^ Frontin.) Mon père , hélas ! de ce crime effroyable Dites-nous ce que vous pensez ?

FROJNTIN.

Ce que j'en pense ?.... hélas! que c'est un grand scandale, Que dans votre sainte maison , Sous les habits d'une vestale , Se soit introduit le démon.

LES RELIGIEUSES

Bonté divine! ah, quel scandale!

Que dans notre sainte maison.

Sous les habits d'un vestale , Se soit introduit le démon.

MONSIEUR BELFORT

Quel est donc ce révérend père que vous consultez;*

l'abbesse.

C'est un saint homme , que le père Boniface a bien voulu nous envoyer à sa place pendant sa maladie.

MONSIEUR BELFORT

Mais le père Boniface se porte à merveille; il se propose de venir vous voir aujourd'hui. {Examinant Frontin, qui cherche a se cacher la figure avec son capuchon. ) Daignerez-vous m'expliquer , mon père?... Comment , maraud , c'est toi !

i2-2 LES VISITANDINES.

l'abbesse.

Parlez mieux , s'il vous plaît , du père Hilarion.

MONSIEUR BELFORT

Lui ! c'est le valet-de-charabre de la sœur Séraphine.

TOUTES LES RELIGIEUSES, s' éloignant.

Ah , ciel !

l'abbesse.

M\ , docteur ! que faire à-présent ?

MONSIEUR BELFORT

Ma foi , je n'en sais rien.

Mon père!

MONSIEUR BELFORT

Ëh bien !

VAUDEVILLE

BELFORT

A moins que dans ce monastère On ne veuille me retenir , Vous n'avez qu'un parti, mon père.

Et c'est celui de nous unir.

Pour que notre hymen s'accomplisse , Je semble arriver tout exprès ; Deux jours plus tard je la perdais.

Je ne la trouvais plus novice.

MONSIEUR BELFORT

Je crois qu'ils ont raison , madame , Il faudra bien y consentir.

\llons , fripon , voilà ta femme, C'est par là qu'il en faut finir.

On te passe ton artifice, Mais fais ton devoir à ton tour; Et que ton amante, en amour, IS'e reste pas long-temps novice.

Page 1