‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 102 sur 391 · COMÉDIE EN TROIS ACTES ET EN PROSE · texte numérisé non relu

COMÉDIE EN TROIS ACTES ET EN PROSE

Représentée pour la première fois le 4 février 1793.

V>i ET TE pièce est tout-à-fait irrégulière ; mais elle est amusante. L'unité d'action n'y est pas beaucoup plus respectée que l'unité de lieu. Le premier acte offre le commencement d'une intrigue fondée sur le caractère du Conteur. Dans les deux autres actes j'amène de nouveaux personnages, une nouvelle intrigue; et le caractère esquissé dans le premier acte est presque nul dans les deux autres.

Deux tableaux de genre, exposés au salon, me donnèrent l'idée du premier acte. L'un représentait un aveugle demandant l'aumône à un perroquet ; l'autre , un capucin prêchant dans une campagne , endormant tout son auditoire , et alors interrompant son sermon pour cueillir des cerises qui se trouvent à sa portée. Une aventure arrivée à des gens qui couraient la poste, quelques situations du roman de Tom Jones , me fournirent la matière du second acte. Le troisième acte est le plus faible. Le dénouement rappelle celui de Pourceaugnac : mais quelle immense supériorité jusque dans les moindres pièces du grand maître! Eraste, dans Pourceaugnac, sans aucun incident étranger à l'action , et par la seule force de l'intrigue , se donne pour le libérateur de Julie. Je suis obligé d'imaginer une attaque de voleurs pour ramener Mercour, et lui procurer les moyens de se faire croire le libérateur d'Angélique, comme je suis obligé, pour motiver l'enlèvement du premier acte et les méprises du second , de faire un aveugle de mon Conteur. En s'entourant de pareilles facilités, il faudrait être bien maladroit pour ne pas trouver quelques situations comiques.

La pièce obtint, à la représentation, un succès qui se soutient encore aujourd'hui. Il faut donc qu'elle ait quelque

mérite. Ce que j'y trouve de mieux, ce sont les dernières scènes du premier acte ; c'est au second acte un enchaînement de méprises et de quiproquos, sources de comique inépuisables.

Un conteur est sans contredit un personnage ridicule; mais si j'avais voulu développer ce caractère, si je ne m'étais pas borné à faire raconter à M. Duflos une seule petite historiette, qui sait si le public n'aurait point éprouvé tout l'ennui , toute la fatigue que nous causent souvent dans la société certains conteurs impitoyables qui s'obstinent à être exacts , cherchent les noms , hésitent sur les dates , reviennent sur leurs pas , et nous promènent jusqu'au dénouement d'une histoire , auquel ils n'arrivent pas toujours, à travers les redites, les épisodes et les parenthèses ?

PERSONNAGES

DUFLOS, vieux militaire aveugle.

Madame BERTRAND, sa sœur.

ANGÉLIQUE, sa fille.

MERCOUR, amant d'Angélique.

FLORVEL, prétendu d'Angélique.

DU PRÉ, valet de Duflos, ancien valet de Mercour.

JACQUINET, autre valet de Duflos, qui lui sert de guide.

GEORGE, valet de Florvel.

Mylord SPLIN, voyageur.

MyladySPLIN, sa femme.

CHAMPAGNE, valet et courrier de mylord Splin.

Monsieur LE BLANC, maître de poste et aubergiste.

Madame LE BLANC, sa femme.

SUZANNE, servante d'auberge de la seconde poste.

ou

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