‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 178 sur 391 · SCENE XII. 2i · texte numérisé non relu

SCENE XII. 2i

BERNARD

Je suis votre très-humble serviteur , monsieur Robin.

ROBIiy.

Ah, monsieur Bernard, je suis comblé de vous voir, en vérité. {A part.) Le diable puisse-t-il l'emporter!

BERNARD

J'ai passé plusieurs fois chez vous , sans avoir l'avantage de vous y rencontrer.

ROBIN

Vous autres créanciers , vous devez être accoutumés à trouver les portes fermées.

BERNARD

Aussi cela ne m'a pas étonné; je voulais vous faire part d'une petite précaution que j'ai prise. J'ai obtenu une sentence par corps contre vous ; et comme j'ai pour principe d'être toujours poli avec mes débiteurs , je ne voulais pas la mettre à exécution sans vous en avertir.

ROBIN

Bien sensible à votre honnêteté , assurément.

BERNARD

Vous savez ma situation à votre égard : vous étiez harcelé par une foule importune de petits créanciers; j'ai acquis toutes leurs créances , et je me suis chargé de fournir à toutes vos dépenses. Les temps sont durs , vos dépenses immodérées.

Et pour mettre de l'économie dans vos fournitures , vous voulez me faire coucher en prison ?

BERNARD

Précisément.

ROBIN

C'est une peine que je vous épargnerai , monsieui

2i4 LE COUSIN DE TOUT LE MONDE.

Bernard. En deux mots, car votre présence ici pourrait nous nuire à tous deux, j'aime à payer mes dettes, moi. Seriez -vous homme à vous contenter dans deux heures d'un à-compte de vingt mille francs.

BERNARD

Vingt mille francs! cela ne se peut pas.

RORIN.

Allons, mettons -en trente, et qu'il n'en soit plus question.

BERNARD

Trente mille francs ! je ne le ferais pas pour d'autres.

ROBIN

Mais pour moi, qui vous suis entièrement dévoué, c'est une grâce que voudrez bien m'accorder.

BERNARD

Allons ; il faut faire quelque chose pour ses amis. Je suis seulement fâché de vous priver du plaisir d'entendre monsieur Vacarmini.

Comment ?

BERNARD

Oui , je sens bien qu'il faudra faire remettre en cave les cent bouteilles que vous aviez commandées pour les musiciens.

ROBIN

Est-ce que vous me croiriez assez benêt pour faire de pareilles folies ? Tenez , mon cher monsieur Bernard , je n'ai rien de caché pour vous, moi; je me marie.

BERNARD

Bon!

ROBIN

J'épouse une fille charmante.

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