‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 180 sur 391 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

DOUSTIGNAC, ROBIN.

DOUSTiGNAC , une scrviette a sa boutonnière ,

sortant de chez Robert, a part.

Tout en buvant rasade je viens d'empaumer le beaupère : travaillons présentement le futur. ROBIN, a part.

C'est le cousin gascon de ma nouvelle famille, il a l'air d'un galant homrne.

DOUSTIGNAC.

Que devenez -vous donc, sandis, cousin? On porte là -dedans vingt santés au marié, et le marié n'est pas là pour répondre! Quant à moi, je m'ennuie de m'enivrer sans vous ; et je viens en mon nom , et au nom

2i6 LE COUSIN DE TOUT LE MONDE.

de l'aimable société , chercher le cousin , pour qu'on ait le plaisir de trinquer avec lui.

ROBIN

Mille remercîments , cousin. J'étais ici avec un bijoutier à qui je commandais les présents de noces.

DOUSTIGNAC.

Les présents de noces ! Quel homme précieux que le cousin ! Que je félicite ma cousine d'avoir inspiré des sentiments assez vifs à un homme comme vous, pour l'engager à faire une action aussi méritoire que celle de l'épouser!

Comment! méritoire?

DOUSTIGNAC.

Oui , sur - tout d'après ce que vous savez.

ROBIN

D'après ce que je sais? Ah! oui, vous avez raison. [^ A part.) Le diable m'emporte si je sais ce qu'il veut dire.

DOUSTIGNAC.

Parce que le petit Sinclair , ce jeune homme à figure doucereuse , que vous avez vu là tout à l'heure , lorgnait amoureusement la cousine depuis deux ans, et que la cousine semblait le voir avec des yeux prévenus : les malins répandaient le bruit que c'était lui qui rendait le mariage pressant et nécessaire. Pure calomnie! il est bien clair, puisque vous épousez, que vous savez à quoi vous en tenir sur la nécessité du mariage; n'importe, l'effort n'en est pas moins beau de votre part.

ROBIN, embarrassé.

Monsieur la probité la délicatesse

l'amour, d'ailleurs.

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