SCÈNE IX
MADAME DE MIRVILLE, DORSIGNY neveu, SOPHIE, MADAME DORSIGNY.
DORSIGNY NEVEU.
Eh bien ! Sophie ?
SOPHIE
Ordonnez , je suis prête à obéir.
MADAME DORSIGNY.
Il faut , sans perdre de temps , marier ma fille à son cousin.
MADAME DE MIRVILLE
Mais Dorsigny n'est pas ici.
MADAME DORSIGNY.
Il ne peut pas tarder , d'après sa lettre.
DORSIGNY NEVEU.
Allons, puisque vous le voulez absolument , j'y consens, et je vais m'arranger pour trouver les noces faites à mon retour. Holà ! quelqu'un , venez tous. ( Deux laquais entrent et restent aujhnd. )
24 ENCORE DES MENECHMES.
MADAME rORSIGNT.
A propos , pendant votre absence j'ai reçu de votre fermier deux mille écus que je vais vous remettre ; j'en ai donné quittance; j'ai bien fait, n'est-ce pas?
DORSIGIVY ]\EVEU.
Tout ce que vous faites est toujours bien. [A sa sœur pendant que madame Dorsigny Jbuûle dans son sac. ) Les prendrai-je ?
MADAME DE MiRviLLE, bas CL sonjrere.
Prends , si tu ne veux pas être suspect.
DORSiGNY NEVEU, bos h sa SŒUr.
Ma foi , je vais m'en servir pour payer mes dettes. ( Haut , en prenant le portefeuille que lui donne sa tante. ) Cet argent me rappelle que depuis long -temps je suis tourmenté par un maudit usurier qui a prêté deux mille francs à Dorsigny : les paierai-je?
MADAME DE MIRVTLLE.
Vous ne pouvez pas vous en dispenser : fi donc! vous ne voudriez pas faire épouser à ma cousine un étourdi noyé de dettes.
i MADAME DORSIGNY.
Ma nièce a raison ; on peut acheter une partie des présents de noces avec le surplus.
MADAME DE MIRVILLE
Les présents de noces , comme dit ma tante.
TROISIÈME LAQUAIS, entrant.
La marchande de modes de madame de Mirville.
Elle ne pouvait arriver plus à propos ; je vais lui commander la corbeille de mariage. ( Elle sort. )