‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 200 sur 391 · ACTE I, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VIII

MICHEL

Voyez le beau mérite.

Ma foi , nous devrions rougir de la conduite Que nous tenons envers les pauvres voyageurs ; Sur ce point je voudrais vraiment changer nos mœurs : Qu'un étranger bien las dans un village arrive, Et demande un abri , sa question naïve , Au lieu de l'intérêt , inspire le soupçon ; Personne ne lui croit de bonne intention. Pourquoi donc le traiter avec cette injustice ? Quand un homme nous vient demander un service , Est-ce à nous , c'est à lui que nous devons songer. Ce que j ai fait ce soir pour ce jeune étranger, Pour tous ceux qui viendront je prétends bien le faire. Croyez-moi , mon voisin , adoptez ma manière , Elle est bonne : voyons dans chaque homme un ami , Tant qu'il n'est pas prouvé qu'il soit notre ennemi.

RIGOLOT

Tous ces beaux sentiments.... dans mon cœur je les porte. Je ne vous ai pas dit de le mettre à la porte ; Car il n'est pas prouvé que ce jeune homme ait tort. Sa figure prévient. Il est sans passe-port. Sur plus d'une demande il se tait ; mais il montre Du sens dans ce qu'il dit , et le pour et le contre Egalement ainsi se trouve balancé.

Mon sentiment sur lui sera bientôt fixé. Hâtez , mon cher voisin , l'instant qui nous rassemble , C'est là que je l'attends : nous souperons ensemble; Croyez qu'à ce coup-d'œil il ne peut échapper. Sans adieu , je m'en vais vous chercher mon souper. ( Ils sortent ensemble , Michel éclairant Piigolot. )

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