ACTE II, SCENE VI. ^nt
MICHEL
Ne vous a-t-il pas dit qu'il voulait le cacher?
ROSE
Et notre hôte eut raison tantôt de ne rien dire , Lorsque de ses projets nous voulions nous instruire Car cela nous était alors indifférent.
Je crois qu'il n'en est plus de même maintenant. Une amitié réelle entre vous deux commence; Or l'amitié jamais ne va sans confiance.
MARGUERITE
C'est cela. Nous avons droit à votre secret.
La curiosité tantôt nous excitait ,
D'accord. Mais à présent, c'est l'amitié, l'estime.
ROSE
Oui , c'est un intérêt bien tendre qui m'anime. . . . Qui nous anime tous. Au moins, assurez-nous Que ce secret n'a rien de dangereux pour vous. Si de votre bonheur nous avons l'assurance , Nous vous pardonnerons de garder le silence.
PROSPER
Que ce tendre intérêt est fait pour me toucher ! Dans le vôtre mon cœur demande à s'épancher. Ne m'interrogez plus , je céderais peut-être. J'aurais parlé déjà, si j'en étais le maître. C'est le secret d'autrui ; je dois le respecter. Sur moi cessez d'ailleurs de vous inquiéter ; Mon voyage pour moi n'a rien que d'honorable.
ROSE
J'aime cette réserve.
MARGUERITE
Elle est fort estimable ; Mais vos secrets long-temps seront-ils ignorés?
PROSPER
Pardon , voilà de moi tout ce que vous saurez.
MICHEL
Bien! Garder un secret, c'est la seule science Qui doive nous gagner par-tout la confiance. Touchez là , mon ami , votre discrétion Me donne encor de vous meilleure opinion.
ROSE
Chut! Rigolot revient.