ACTE II, SCENE VIL
R I G o L o T , déroulant la carte de géographie. Or maintenant causons , et que je vous détaille Une combinaison sur certaine bataille. .... Je vois loin quelquefois.
MICHEL
C'est ce que je disais.
Il voit si loin , si loin , qu'il ne voit rien de près. Par exemple , à présent , voyez-vous qu'on vous raille ?
RIGOLO T
Plaît-il?
3IICHEL.
Voisin, serrez votre plan de bataille; Peut-être une autre fois le placerez-vous mieux?
RIGOLOT
Comment?
PROSPER
Je ne suis pas un homme ambitieux.
D'offîcier-général le titre magnifique M'était donné par vous. .Te vous le rends ; j'abdiquf »
RIGOLOT
Mais je ne conçois pas
MICHEL
Artiste, ou général, Vous êtes un brave homme , et c'est le principal.
PROSPER
Un carrosse public, je crois , par ici passe....
MARGUERITE
Demain, et l'on est sûr d'y trouver de la place.
PROSPER
Eh bien! pour arpenter demain un petit champ Il vous fallait quelqu'un , disiez-vous en soupant. Je sais lever un plan. Deux ou trois ans d'étude De ces petits travaux m'ont donné l'habitude ;
Employez, pour demain, mes cordeaux, mon compas. Ce travail envers vous ne m'acquittera pas. Mais qu'il me sera doux d'être un moment utile A l'homme à qui je dois ce généreux asyle!
MICHEL
Soit.
RIGOLOT
Vous étiez pressé ?
PROSPER
Demain soir je prendrai Ce carrosse public, et je regagnerai Un temps qu'il s'en faudra beaucoup que je regrette. Je reviendrai bientôt revoir cette retraite. Pourquoi suis-je forcé de hâter mon départ ? Mais je ne pense pas qu'il se fait déjà tard. Cher barbher , je vous fais mon humble révérence , Enchanté d'avoir fait avec vous connaissance.
MICHEL
Bonsoir, Prosper. Je vois que nous serons amis ; En vous parlant, je crois que je parle à mon fils.
PROSPER
Quel nom vous me donnez! Ah! dans cette demeure , Que ne m'est-il permis....
MICHEL
A demain de bonne heure.
( Prosper sort. )