‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 236 sur 391 · ACTE III, SCEISE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCEISE VI

ROSE

Comme vous le pressez!

PROSPER

Je pars. Un mot. Hier Vous parliez toutes deux d'un goût qui vous est cher.

ROSE

La lecture.

PROSPER, tirant un livre de sa poche.

Ce goût , Rose, je le partage :

Sans un livre sur moi jamais je ne voyage. Sans doute , celui-ci de vous est bien connu. C'est Paul et Virginie.

ROSE

Oh ! déjà je l'ai lu , Mais je le relirai volontiers.

MARGUERITE, prenant le livre.

Moi de même.

Donnez donc, et partez.

PROSPER

Ah ! ce Paul , comme il aime ' On ne peut retenir ses pleurs en le lisant.

ROSE

Peut-être vous avez éprouvé ce qu'il sent.

Un jeune artiste a-t-il à peindre quelque belle,

Il s'enflamme aisément , je crois , pour son modèle.

MARGUERITE, à part.

Voyons ce qu'il dira.

PROSPER

Pour connaître l'amour Je sens que je suis né; mais jusques à ce jour J'ai cherché vainement une amante , une femme Qui me convînt.

ROSE

Vraiment !

MARGUERITE, CL part.

Ah ! le mensonge infâme !

PROSPER

Oui, mon cœur était libre hier en arrivant.

ROSE

Il le sera sans doute encore en nous quittant.

PROSPER

Ah, Rose!

ROSE

Eh bien, Prosper!

MARGUERITE

Partez.

Je me retire.

J "aurais pourtant encor bien des choses à dire ; Mais près de vous j'éprouve un trouble , un embarras... Et quand je resterais, je ne les dirais pas.

ROSE

Avant votre départ on vous verra , j'espère ?

PROSPER

Oh, sans doute!... Je vais rejoindre votre père.

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