‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 286 sur 391 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

Ce qu'il te doit.

MADAME ROBERT

A qui ? que Derville te rende

Il m'a demandé des délais.

MADAME ROBERT

Des délais, quand il doit dix-huit mois d'intérêts! Qui croirait que le pauvre est créancier du riche ? Plafonds, meubles, lambris, salon boisé, corniche, Tout est de toi chez lui , tout d'un travail exquis ; On lui porte un mémoire où tout est à bas prix, Au lieu de nous payer.... je t'en ferai la rente, Dit-il ; et tu consens ! et puis il te tourmente Pour qu'en outre chez lui tu places tous les fonds Qu'avec beaucoup de soin nous économisons , Et tu consens encor, comme un franc imbécille! Si tu n'avais prêté cet argent à Derville , Tu pourrais acheter quelque bien.

ROBERT

En effet.

MADAME ROBERT

Quelques arpents de terre , et c'était mon projet.

ROBERT

Mais comment refuser un ancien camarade? Il eût été fâché.

MADAME ROBERT

Le voilà bien malade.

Il a bien ce matin refusé son ami , Ce beau monsieur : je crois pourtant que celui-ci Bien mieux que l'autre encor mérite qu'on l'oblige; Ainsi donc pour Clermont n'épargnez rien, vous dis-je Puisque monsieur Derville a de l'argent chez lui , J'entends et je prétends qu'il s'acquitte aujourd'hui.

36i LES AMIS DE COLLEGE.

Oui , ne vous fâchez pas. Mais c'est qu'il a peut-être Beaucoup de monde , et moi je ne veux pas paraître Parmi tous ces gens-là.

MADAME ROBERT

Non ? Après son dîner Tu sais que tous les jours il va se promener; Eh bien! dans ta boutique achève ton ouvrage, Et ne le laisse pas échapper au passage.

[Elle rentre dans la boutique. ^

ROBERT

Non.

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