ACTE II, SCENE VIII
{Apercevant Sophie.^ Mais comment réparer... La rencontre charmante! De beaux yeux, faite à peindre, et point d'art, point d'apprêt. Je lui trouve, d'honneur, un piquant, un attrait... Parbleu! cela ferait une aimable maîtresse. Le joli passe-temps !
ROBERT, apevcevaîît Defville.
Un peu de hardiesse, C'est Derviile. Après tout, c'est de l'argent prêté» Voyons. Bonjour, Derviile.
DERVILLE
Ah ! je suis enchanté [Examinant Sophie.) De te voh', sur mon ame. On n'est pas plus jolie.
ROBERT
Chez toi j'allais passer. Il faut que je te prie De me rendre un service.
DERVILLE
Un service, Robert.
Tu sais bien que mon cœur te fut toujours ouvert
[Examinant Sophie.) L'agréable maintien !
liOBERT.
,Tu me dois une année....
DERVILLE
La seconde n'est pas encore terminée :
Et tu m'avais promis d'attendre jusque-là.
ROBERT
Mais je me trouve avoir besoin d'argent.
Ah! ah!
Quand?
ROBERT
Ce soir.
DERVILLE
Il fallait me prévenir d'avance :
J'aurais pu m'arranger alors en conséquence.
ROBERT
C'est un très-faible à-compte.
DERVILLE
Oh! oui j'entends fort bien.
Pas possible, d'honneur; car chez moi je n'ai rien, rétais si loin , d'après la convention faite , De m'attendre à ceci! Veux-tu que je m'endette? Non; d'autant plus qu'ayant sans doute du crédit, Tu peux trouver ailleurs.
ROBERT
Prends que je n'ai rien dit.
(^ part, tandis que Derville examine Sophie.^ le n'ose le presser; cependant l'heure avance.
( // tire sa montre. ) Et Clermont.... Cette montre est de peu d'importance Pour moi qui vois si bien l'heure au soleil. Mais quoi ? J'en aurai deux cents francs. Jai des couverts chez moi ; J'y tiens : mais quand Derville aura payé sa dette T'en aurai d'autres ; oui , prendhs-les en cachette , De ma mère sur-tout, car ce serait un train!
( // rentre dans sa boutique. \