SCÈNE XVI
CLERMONT, SOPHIE, ROBERT, madame ROBERT.
MADAME ROBERT
Eh ! bon Dieu ! mon ami , c'est une perte affreuse !
ROBERT
Quoi?
MADAME ROBERT
Notre argenterie ; où donc est-elle ?
ROBERT
Paix!
MADAME ROBERT
Comment donc, que dis-tu?
ROBERT
Chut!
MADAME ROBERT
Est-ce que tu sais, Par hasard....
ROBERT
Oui , je sais ce qu'elle est devenue.
CLERMOINT.
Je le devine, moi; Robert, tu l'as vendue! En voilà le produit.
ROBERT
Eh bien oui , j'en convien :
Je vois qu'en la gardant j'aurais fait aussi bien , A présent que Derville , enfin plus équitable. . . .
SOPBfJE.
Allez , d'un pareil trait Derville est incapable.
MADAME ROBERT
Comment! tu l'as vendue! A merveille, mon fils; Je vous reconnais là ; courage ! A vos amis Vous sacrifieriez tout, tout jusqu'à votre mère.
ROBERT
De ses livres songez qu'il allait se défaire.
MADAME ROBERT
Ne valait-il pas mieux qu'il vendît ses effets , Que toi les tiens pour lui?
ROBERT
Voyons : si je devais , Ne garderais-je pas, pour ressources dernières, Mon rabot , les outils qui me sont nécessaires ?
MADA3IE ROBERT.
Sans vos outils , veaiment , que feriez-vous , mon fils?
ROBERT
Eh bien! ses livres- sont justement ses outils.
MADAME ROBERT
J'entends; mais
CLERMONT
Ce trait est gravé dans mon ame , Mon cher Robert ; et vous , consolez-vous , madame , Derville m'a prêté , reprenez cet argent.
MADAME ROBERT
Ah! c'est parler cela. De son dérangement Vous ne voudriez pas sans doute être la cause;