SCÈNE XVIIL SOPHIE, MADAME ROBERT, ROBERT, GABRIEL
GABRIEL, h Robert.
C'est vous, monsieur Robert? Savez-vous un secret? Mon maître est ruiné.
ROBERT
Se peut-il ?
GABRIEL
Tout-à-fait.
J'y suis , mon cher monsieur , pour deux ans de mes gages.
{Il sort.)
ROBERT
Et nous pour notre rente avec les arrérages. Ciel! à qui pourra-t-on se fier aujourd'hui?
MADAME ROBERT
Mon fils avait placé tout son argent chez lui ; Voyez un peu l'horreur et la friponnerie ; Travaillez , vivez donc avec économie , Pour prêter tous vos fonds à quelqu'ingrat ami , Qui vous ramène au point d'oii vous êtes sorti.
ROBERT
Eh ! calmez- vous. La perte est sans doute cruelle ; Ce n'est peut-être là qu'une fausse nouvelle. Je m'en vais à Paris pour mieux m'en assurer ; En tout cas c'est un mal qui peut se réparer. Hélas ! ce n'est pas moi qui suis le plus à plaindre; Pour Derville sur-tout l'infortune est à craindre. J'y suis accoutumé ; mais contre le malheur Il n'a pas encor su fortifier son cœur. Je vole et je reviens au plus tard dans une heure.