ARISTE, MADAME DORLIS, LAURE
LAURE
Ah! mon père, bonjour.
ARISTE
C'est toi , ma chère enfant ?
Depuis hier encor , comme elle est embellie ! Tome I. l'I
4i8 MÉDIOCRE ET RAMPANT.
MADAME DORLIS.
Ah! point de compliments, mon fils , je vous en prie; Car nous n'avons déjà que trop de vanité.
(^Bas à Arts te.) N'est-ce pas qu'elle est bien ?
A RIS TE, bas a madame Dorlis
Charmante, en vérité.
( Haut a Laure. ) Comment te trouves-tu du séjour de la ville ?
LAURE
Ah! je dois regretter notre champêtre asyle, Puisqu'ici, pour vous voir, il faut prendre mon temps.
Moi , je regrette aussi tous mes bons paysans : Je riais avec eux. Ma place , je l'espère , Ne changera pourtant rien à mon caractère; On peut être ministre , et garder sa gaîté.
MADAME DORLIS.
Pour moi , Paris me semble un séjour enchanté. Déjà je suis par-tout attendue, annoncée, Et Dorival a dû m'abonner au Lycée*.
\ LAURE
A propos , j'ai cru voir en ces lieux , ce matin....
MADAME DORLIS.
Qui?
LAURE
Ce jeune officier.
MADAME DORLIS.
Lequel ?
LAURE
Charles Firmin.
MADAME DORLIS.
Qui venait à Strasbourg tous les soirs chez la tante?
* Depuis, l'Athénée.