ACTE II, SCENE III. 43i
Être un peu plus hardi. Votre aspect m'embarrasse... Le respect....
ARisTE, en souriant.
Laissez-là votre respect, de grâce.
Qui vous amène ici ?
LAROCHE
L'amour de mon pays :
Oui , je viens vous donner un important avis.
ARISTE
Parlez.
LAROCHE
Vous honorez de votre confiance Un homme sans talent, comme sans conscience.
ARISTE
Eh! qui donc?
LAROCHE
Dorival.
ARISTE
Dorival ?
LAROCHE
Oui vraiment ; Dorival est un homme aussi vil qu'ignorant. Écoutez-moi , je vais tracer son caractère.
ARISTE sonne.
Un moment.
( A un valet qui entre. ) Appelez Dorival.
LAROCHE
Au contraire, Il ne faut pas qu'il soit présent à l'entretien.
ARISTE
Oui , c'est là votre avis , mais ce n'est pas le mien : A moins qu'il ne soit là tout prêt à se défendre.
Contre un homme jamais je ne veux rien entendre. Quand il sera présent , vous pourrez commencer.
LAROCHE
C'est qu'il est dangereux parfois de s'avancer...
ARISTE
Sans preuves; est-ce là ce qui vous embarrasse?
LAROCHE
Je ne m'attendais pas à l'accuser en face :
Il est bien fin ; n'importe , allons , morbleu , du cœur !
Qu'il vienne , et vous verrez qu'il ne me fait pas peur.
ARISTE
Bon! nous n'attendrons pas; le voilà qui s'approche.