ACTE III, SCENE I. 45i
Et j'ai refusé net.
CHARLES
Ainsi voilà mon père Encore au même point?
LAROCHE
Oui, mais laissez-moi faire; A votre belle Laure allez-vous-en rêver.
CHARLES
Je la cherche par-tout et crains de la trouver. Je croyais qu'au jardin elle pourrait descendre; Et c'est là qu'inspiré par Tamour le plus tendre , J'ai fait quelques couplets.
LAROCHE
Fort bien, faites des vers, Tandis que, ranimé par ce premier revers, Je vais sur nouveaux frais me mettre à sa poursuite. Il se trompe bien fort s'il croit en être quitte.
CHARLES
De semblables moyens pour nous sont-ils bien faitSfy Laissons ce malheureux vivre et ramper en paix ; Et de ce qu'il obtient par ses détours insignes , A force de vertus sachons nous rendre dignes.
LAROCHE
Faiblesse, préjugé, qu'une telle fierté:
Voulez-vous voir enfin régner la probité ?
Tout se fait ici-bas par cabale et par brigue;
Pour les honnêtes gens souffrez donc qu'on intrigue.
Dans tout ceci d'ailleurs vous n'avez rien à voir ;
Cultivez vos talents , je les ferai valoir ,
Moi ; j'en fais mon affaire.
CHARLES
Oui; mais de la prudence.
Vous avez , ce matin , fait une inconséquence.
LAROCHE
Et ce n'est pas la seule encor que je ferai Peut-être, je le sais : mais quoi! j'y reviendrai Si souvent , qu'à le perdre il faut que je parvienne. Je fus long-temps sa dupe ; il faut qu'il soit la mienne. Laissons faire le fourbe, et nous passons bientôt, Moi pour un scélérat , et Firmin pour un sot.
CHARLES
On vient.
LAROCHE
C'est Dorival.
CHARLES
Ah ! fuyons sa présence ; Retournons au jardin achever ma romance.
LAROCHE, seul.
Sortons aussi; courons préparer nos desseins.... ^stons plutôt; le fat croirait que je le crains.