ACTE V, SCENE III
DORIVAL
Il faut rompre enfin le silence.
Des méchants ont sur vous répandu des soupçons... De grâce, répondez à quelques questions : Si je suis indiscret, que mon zèle m'excuse,
ARISTE
Parlez, je répondrai.
DORIVAL
Si Michel ne m'abuse.
Dans un faubourg", pour vous, il cherche un logement.
ARISTE
Puisque vous le savez, d'accord.
Secrètement ?
ARISTE
Il est vrai, jusqu'ici j'en ai fait un mystère.
DORIVAL
Pour une demoiselle?
ARISTE
Oui.
DORIVAL
Qui VOUS est bien chère?
ARISTE
Pour elle j'ai conçu le plus tendre intérêt.
DORIVAL, a pari.
Il ne s'en cache pas : comment douter du fait ?
( Haut. ) Et vous ne voulez pas que cette affaire éclate ?
ARISTE
Mais non.
DORIVAL
Ah ! je comprends ; la chose est délicate. Dans ses propos d'ailleurs le monde est si méchant !...
5oo MÉDIOCRE ET RAMPANT.
Mais je puis vous servir.
Vous ?
DORIVAL
Moi-même.
ARISTE
DORIVAL
Comment ?
J'ai ce qu'il vous faut.
ARISTE
Quoi ?
DORIVAL
Maison simple, ignorée, Mais dans l'intérieur charmante et décorée !... Jardin délicieux, meubles d'un goût exquis, Le plus joli boudoir peut-être de Paris.
ARISTE
( A part. ) ( Haut. )
Laroche a-t-il dit vrai ? Quelle raison secrète Me fait donc, suivant vous, chercher cette retraite?
DORIVAL, en souriant.
Sur les choses qu'on veut dérober à mes yeux Je ne sais point porter un regard curieux. Voyez en moi d'ailleurs un ami véritable. De tout, pour vous servir, Dorival est capable; Quoi que vous ordonniez , sans examiner rien , Il vous obéira. Vous m'entendez?
Fort bien.
DORIVAL
Il faut être indulgent... Oh! j'ai de la morale; Mais sur ce point, pourvu qu'on échappe au scandale... Je vais trop loin peut-être; accusez-en mon cœur;