ACTE I, SCENE IV. i
DORSIGNY NEVEU.
Un moment.
MADAME DE MIRVILLE
Il faut agir si vite que nous n'ayons besoin que d'un moment; le jour baisse, l'obscurité nous favorise, les bougies ne répandent pas un jour assez fort pour pouvoir détromper ma tante. Feins d'être obligé de repartir dès cette nuit, et reparais dès demain sous ton véritable uniforme; nous n'avons pas de temps à perdre, écris à ma tante , et demande-lui la main de sa fille. DORSiGNT NEVEU, allant au bureau et écrivant.
En vérité, ma sœur, tu ftiis de moi tout ce que tu veux.
CHAMPAGNE, se Jrottaut Us mains.
Je me sais bien bon gré de mon esprit d'aujourd'hui. Ah! si je n'étais pas marié, si j'étais autre chose qu'un pauvre diable de valet, je pourrais jouer un des premiers rôles , au lieu d'être réduit à celui de confident.
MADA3IE DE MIRVILLE
Comment?
CHAMPAGNE
C'est tout simple, mon maître passe pour son oncle; je passerais pour M. de Lormeuil; et qui sait....
MADAME DE MIRVILLE, Hunt.
C'est ma cousine qui doit être désolée d'un pareil contre-temps.
DORsiGNY NEVEU, remettant une lettre a Champagne.
Voici la lettre, je m'abandonne à toi, fais-en ce que tu voudras.
CHAMPAGNE
J'en ferai bon usage; dans un instant, j'arrive ici tout couvert de sueur. Quant à vous, monsieur, de l'activité, du courage, de l'effronterie, jouez votre oncle,
i4 ENCORE DES MÉNECHMES.
dépaysez votre tante, épousez votre cousine, et méritez votre bonheur en récompensant généreusement l'homme de génie qui vous a procuré les moyens de l'obtenir. {Il sort.)
MADAME DE MIRVILLE
Voici ma tante, elle va te prendre pour mon oncle, renvoie-moi comme si tu avais quelque chose de trèsintéressant à lui communiquer.
DORSIGNY NEVEU.
Eh mais! que lui dire?
Tout ce qu'un mari peut dire de plus galant à sa femme.