‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 108 sur 389 · ACTE I, SCÈ1NE VIII. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈ1NE VIII. i

MADAME SENNE VILLE

Y pensez-vous ? un rival !

RIFLARD

Pauvre garçon ! il ne s'attendait pas à m'avoir pour concurrent. S'il n'était pas si amateur de procès , si chicaneur de profession, ce serait un homme parfait : il fait des vers délicieux, et il parle comme il écrit, par sentences et par adverbes.

MADAME SENNEVILLE

Sa pauvre sœur commence à être sur le retour ; quand elle sera tout-à-fait résignée à rester fille , elle sera vraiment fort aimable. Allons, voilà qui est entendu ; demain à trois heures ; car chez moi c'est comme à Paris, et c'est la seule maison du pays où l'on ne dîne pas à une heure. Vous choisirez entre la bouillote, le loto, le reversis , le bostonien, le maryland, le whisk ou les petits jeux à donner des gages. Mon oncle sera enchanté de renouer connaissance avec le neveu de son ami. Si vous restez seulement deux jours , vous viendrez à notre comédie de société ; il y a des talents : nous jouons le Barbier de Séville et la Gageure Imprévue.

RIFLARD

Vous verrez comme madame joue Rosine et madame de Clainville.

DELILLE

Et vous , monsieur Riflard , ne jouez-vous pas ?

RIFLARD

L'Eternueur et l'Alcade , par complaisance , parce qu'ordinairement je ne joue que dans l'opéra , les Colins.

MADAME SENNEVILLE

Eh ! mais , c'est M. Vernon qui vient de ce coté ?

i54 LA PETITE VILLE.

DELILLE

Qui ? ce poëte chicaneur dont vous nous parliez à J'instant?

MADAME SENNEVILLE

Lui-même. ÇA Riflard.) J'espère que vous n'allez pas faire éclater votre jalousie.

RIFLARD

Est-ce que j'ai sujet d'être jaloux ?

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