ACTE II, SCENE XVI. i
pas perdue; croyez que j'ai trop de respect pour vous, pour mademoiselle votre sœur
VERÎVON.
Croyez-vous que ce langage suffise pour vous justifier ? Cette lettre , que mon imprudente sœur a laissée par mégarde dans son cabinet , n'annonce-t-elle pas trop ouvertement vos intentions téméraires ?
DESROCHES
Permettez-moi de vous expliquer
VERNON
Point d'explication. Une séduction ! Vous épouserez ma sœur.
DESROCHES
Moi! j'épouserai mademoiselle?
MADEMOISELLE VERNON
Ciel ! comment calmer ces esprits fiers et irrités ? Mon frère, de grâce, modérez ce ton violent : il ne peut qu'aigrir un caractère généreux , et lui faire rejeter ce qu'il désire lui-même.
DESROCHES
Ce que je désire moi-même; mais pas du tout, mademoiselle. Je sens certainement tout ce que vous valez, mais
VERNON
Vous ne l'épouserez pas ? ah ! nous verrons , nous verrons.
MADEMOISELLE VERtfON.
Je suis toute saisie. Cette rencontre entre mon frère et ce jeune homme ! C'est un roman. Ciel ! comment arrêter le sang qui va couler?
VERNON
Eh ! non ; pas du tout , ma sœur , il n'est question de sang , ni de combats , mais d'une sommation que je
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vais faire signifier à monsieur; et comme il est galant homme , je ne doute pas qu'il ne se range à son devoir.
DESROCHES
Une sommation ! Savez-vous que je commence à perdre patience. Allez-vous-en au diable, avec votre sommation.
MADEMOISELLE VERNON
Quel langage!
VERNON
Monsieur, ne vous avisez pas de nous injurier; cela pourrait avoir clés suites beaucoup plus graves que vous ne pensez.