‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 206 sur 389 · ACTE II, SCENE III. a · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III. a

MADAME DURVILLE

Comment donc! qu'avez - vous , je vous prie? Vous m'inquiétez; confiez-moi vos peines, ma chère enfant. (En se regardant a une glace.) Ah ! le joli honnet! mon Dieu! le joli honnet! j'en raffole.

MADEMOISELLE DELORME

Je venais exprès pour solliciter votre entremise.

MADAME DURVILLE

Tout ce que vous voudrez , ma chère voisine ; vous savez combien je suis attachée de cœur à vous, à votre cher papa. Comme elle est intéressante cette bonne petite! n'est -il pas vrai, Auguste?

AUGUSTE

Ah ! j'en étais bien sûr , ma tante , que vous ne seriez pas insensible à la situation de mademoiselle. Vous saurez que monsieur Delorme, par une complication de malheurs, se trouve dans le plus grand embarras.

MADAME DURVILLE

Ah ! mon Dieu ; mais c'est affreux ce que vous m'apprenez là!

MADEMOISELLE DELORME

Tous ses créanciers, touchés de son infortune, et convaincus de sa probité, lui ont accordé toutes les facilités qu'il a demandées. Il n'en est qu'un seul ....

Oui, monsieur Durville, mon oncle, est seul resté inflexible.

MADAME DURVILLE

Mon mari!

AUGUSTE

Il y a une sentence , une prise de corps.

MADEMOISELLE DELORME

Mon père a vainement essayé de l'attendrir.

>7G DUHAUTCOURS.

MADAME DURVILLE

C'est une barbarie !

AUGUSTE

Mon oncle l'a repoussé.

MADEMOISELLE DELORME

Mon père a peut-être un peu trop de fierté. Il est décidé à ne plus tenter de nouveaux efforts. Il m'a défendu même de venir vous voir ; j'ai profité de son absence pour basarder une dernière démarche auprès de vous.

MADAME DURVILLE

Et vous avez très - bien fait , mon enfant.

MADEMOISELLE DELORME

Vous avez eu la bonté de me montrer quelque amitié.

Variez pour monsieur Delorme à mon oncle."

MADEMOISELLE DELORME

Obtenez-nous du temps pour nous acquitter, quelques jours seulement.

MADAME DURVILLE

Écoutez, je ne me mêle jamais des affaires de mon mari. Il m'a fait signer ces jours-ci je ne sais quel acte, une séparation de biens, je crois. Il fait de moi tout ce qu'il veut; je n'y entends rien : mais ici c'est différent ; c'est une affaire de procédés entre voisins , un acte de justice, une bonne action que je lui propose; je lui parlerai, je vais lui parler.

AUGUSTE

Ah! ma tante, quelle reconnaissance ne vousdevraijc pas ne vous devra pas mademoiselle?

MADEMOISELLE DELORME

Que j'ai bien fait, madame, de m'adrcsscr à vous! Mais nous n'avons pas de temps à perdre.

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