SCÈNE V
DURVILLE, DUHAUTCOURS.
DUHAUTCOURS.
Ah! vous voilà , mon ami; eh bien! le temps se
brouille. Ce Franval , ces maudits créanciers Il ne
vous reste plus qu'une ressource
DURVILLE
Laquelle ?
DUHAUTCOURS.
De disparaître pour laisser passer l'orage.
DURVILLE
Que dites-vous ? Fuir ! abandonner ma femme !
DUHAUTCOURS.
Vous laisserez sur votre secrétaire un billet qui la tranquillisera; il circulera des bruits de désespoir, de suicide ; vos affaires s'arrangeront, et vous reparaîtrez.
DURVILLE
Fugitif! déshonoré! sans amis!
>,8 DUHAUTCOURS.
DUHAUTCOURS.
Songez donc que je vous accompagne.
Non. Je ne fuirai pas.
DUHAUTCOURS.
Qu'allez-vous faire ?
DURVILLE
Je ne sais encore; mais je ne fuirai pas. Vous m'avez poussé sur le bord de l'abyme, mais vous ne m'entraînerez pas avec vous. Je reste.
DUHAUTCOURS.
Mais pensez donc
DURVILLE
Laissez-moi. J'ai eu la faiblesse de vous écouter; je me suis interdit le droit de vous faire des reprocbes ; mais c'est vous qui m'avez perdu.
( // s'assied. ) duhautcours, a part.
Oui-da , monsieur Durville , je m'y attendais. Un beau mouvement de remords, et vous vous tirerez d'affaire en me sacrifiant; non pas, s'il vous plaît. (Haut.) Ainsi, vous vous décidez à payer?
DURVILLE
Oui, je paierai tout.
DUHAUTCOURS.
Vous paierez tout... Vous ferez bien, et je suis enchanté pour ma part
DURVILLE
Pour votre part?
Oui , sans doute , j'y gagne.
DURVILLE
Comment ?