ACTE V, SCÈNE IX
malheurs ne sont pas aussi grands que vous voudriez le faire croire.
DURVILLE
Monsieur . .
FR ANVAL.
Il en coûte de s'avouer ces choses -là à soi-même; il doit en coûter bien plus de les avouer à d'autres; mais nous sommes seuls : votre femme, mademoiselle Delorme qui prend le plus vif intérêt à votre famille et moi , qui ne demande pas mieux que de vous rendre mon estime .... Le moment est favorable. Si vous le laissez échapper, vous êtes perdu; vous voilà condamné à passer pour le complice de Duhautcours. Chassez ce perfide conseiller; déclarez que vos paiements sont ouverts, annuliez ce projet de transaction qui n'a pas le sens commun. Alors je me charge d'arranger votre affaire avec vos créanciers; vous recouvrez leur estime, et vous pourrez regarder en face les fripons , et saluer les honnêtes gens sans les obliger à détourner la tête.
MADAME DURVILLE
Eh quoi! monsieur, pouvez-vous soupçonner mon mari?
FRANVAL
Oui , madame ; ce Duhautcours a porté monsieur Durville à des choses qu'il n'aurait pas dû faire. Quand il n'y aurait que cette séparation de biens entre vous....
MADAME DURVILLE
Eh bien! monsieur, permettez - moi de profiter de cette séparation que vous nous reprochez peut - être avec justice. Je me charge de toutes les dettes de mon mari ; soyez mon interprète auprès de tous ses créanciers. Je vous confie ce porte-feuille. Il renferme huit cent mille francs.