‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 324 sur 389 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

GAULARD, GEORGES, F ANCHETTE, LAUNAY, Madame VERGOUR.

MADAME VERCOUR.

Vous m'avez témoigné tant d'intérêt, lors de mon accident, que je n'ai pu résister au désir de vous en témoigner ma reconnaissance.

Ah ! madame , nous n'avons fait que céder au mouvement de notre cœur. Convenez , mon père, que cette femme- là est charmante.

MADAME VERCOUR.

C'est peut - être abuser un peu trop du tendre intérêt que j'ai cru vous avoir inspiré ; mais si l'asyle d'une infortunée ne vous effraie pas, j'oserais vous prier de venir prendre demain un dîner frugal chez celle que vous avez si généreusement secourue.

GAULARD

Madame, en vérité....

lauitay, à part.

La dame malheureuse a-t-elle aussi ses projets? (Haut.) Au désespoir, madame; mais la priorité m'est trop chère pour que je puisse me décider à en faire le sacrifice. C'est chez moi que l'honnête famille doit dîner demain.

FANCHETTE

Oui. Monsieur nous avait invités.,. N'est-il pas vrai, mon père?

MADAME VERCOUR.

Je reconnais bien la fatale étoile qui me poursuit. {A part.) Cet homme-là m'est suspect. {Haut. ) Cela m'afflige à un point.... Je me faisais une fête de vous recevoir. Ah ! au milieu des peines dont il est accablé , mon cœur a tant besoin de consolations.

Ah! madame , croyez.... Voyez ; vous avez affecté la sensibilité de madame.

MADAME VERCOUR.

Oui, un refus m'est bien sensible, sur -tout de la part des gens que j'estime. Eh bien! s'il m'était permis de vous recevoir demain de bonne heure à déjeuner.

GAULARD

Ah! c'est que demain, comme je disais....

GEORGES

Eh! mon père, nous aurons tout le temps de voir ce qu'il faut voir ; songez que les instances de madame méritent bien.... Comment! une femme de qualité, une femme malheureuse qui nous fait l'honneur de nous inviter, vous la refuseriez? Vous n'y pensez pas. Oui , madame , nous aurons l'honneur de nous rendre à votre aimable invitation.

MADAME VERCOUR.

Ah! vous me soulagez d'un grand poids; me voilà plus contente. Bientôt, j'espère, mon aimable frère et moi nous pourrons vous mieux recevoir. [Lui donnant son adresse.) Voici mon adresse. Je loge au Marais chez monsieur Malfilard. Monsieur Malfdard est un ancien marchand de draps , un bourgeois fort borné , aussi tranquille que son quartier ; sa femme est curieuse et babillarde; leur petite fille, qui a douze ans, est fort maligne pour son âge : ce sont de fort honnêtes

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