ACTE III, SCÈNE XIII
MADAME ROUGET
Et pardine ! votre madame Vercour , peut-être.
GEORGES
Ah! mon Dieu!
MADAME MALFILARD.
La marquise polonaise , fille d'un quincaillier au faubourg Saint-Marceau.
MALFILARD.
C'est unique ! comme il y a des gens qui en font accroire.
MADAME ROUGET
Voilà le fruit de la belle éducation que son père lui a donnée : la laisser seule dans cette boutique ! et tous les jeunes gens qui fréquentaient chez lui, et qui prêtaient à la demoiselle des livres de féerie , de chevalerie ; et puis cette servante qui la laissait promener toute seule au Jardin des Plantes. L'en voilà bien récompensé le pauvre cher homme !
GEORGES
Ah ça! mais ce frère, qui avait été soi-disant colonel d'un régiment étranger?
MADAME ROUGET
Et pardine ! vous savez mieux que moi qu'il y a deux frères , deux petits marmots qui vont à l'école , et qui promettent de se conduire aussi mal que leur sœur aînée.
GAULARD
Pardi ! mon fds Georges , il faut convenir que tu allais faire un beau mariage !
GEORGES
Je n'en reviens pas.
MADAME ROUGET
Qu'est-ce que vous dites donc , avec votre air d'abattement ?
MADAME MALFILARD.
C'est qu'il faut vous dire la vérité , madame Rouget ; monsieur n'est ni étudiant en médecine , ni le père de l'enfant.
MADAME ROUGET
Ah ! mon Dieu ! Et vous me laissez jaser ainsi tout à mon aise. C'est la colère qui m'a emportée. Oh ! elle ne me le pardonnera pas. Ah ! mon Dieu ! que je suis fâchée !
Eh non ! ne vous fâchez pas , ma bonne , vous nous
avez rendu un service
j e a w , accourant.
Voilà madame Vercour.
GEORGES
Madame Vercour ?
MADAME MALFILARD.
Ah ! oui , madame Vercour! Manette Robin.