‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 362 sur 389 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

LAUNAY, seul.

Ronne idée que j'ai eue de me donner un cabriolet; cela éblouit les dupes et dépayse les gens d'esprit. ( Tirant sa montre. ) Trois heures. Mes bonnes gens ne seront pas ici de sitôt, je les* ai laissés au Muséum, et il leur faut du temps s'ils veulent tout voir. Le portrait de cette femme que je dois avoir l'air de sacrifier,

4Go LES PROVINCIAUX A PARIS.

le voilà. (Il tire une tabatière de sa poche.} J'ai donné ma démission de ma place ce matin. Cet appartement est bien ce qu'il me faut. Le loyer est payé pour quinze jours; grâce à mes petites économies, j'ai de quoi faire figure encore quelque temps. Au fait, de quoi s'agit-il? de leur dérober la connaissance de quelques particularités de ma vie , de quelques circonstances .... d'état. Eh bien! nous voilà dans le faubourg Saint-Germain, et si je peux parvenir à les faire loger dans cette maison .... ce Paris est si grand, on y voit tous les jours tant de nouvelles figures ! Je suis donc un jeune homme de province, à qui ses parents font une riche pension. Je parle raison au père, je parle sensibilité au fils, je tourne la tête à la fille; on me croit, on m'estime, on m'adore et j'épouse. Epouser! c'est un peu fort; mais j'en tire au moins quelque bonne somme. Quant à monsieur Dorval, je ne crois pas qu'il y songe. Ah! monsieur Frémin , le propriétaire de cette maison ; il est passablement bavard.

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