CTE IV, SCENE I
de vous rendre toutes les deux chez moi , ce matin , pendant que votre mari sera à l'audience et le vôtre à sa classe.
MADAME BAZIN
A quoi bon ce rendez-vous? r
Il ne vaudrait rien si nous ne trouvions pas le moyen d'y amener vos maris.
MADAME DUPARC
Pour le mien , rien de si facile.
MADAME BAZIN
Oui ; mais le mien , impossible. C'en est fait , après la scène d'hier , il faut y renoncer.
MADAME JACOB
Y renoncer ! Fi donc ! Une apparence plus forte ,
une espèce d'aveu de votre part Vous me parliez
hier d'un journal de toutes vos actions , de toute votre conduite.
MADAME BAZIN
Eh bien?
MADAME JACOB
L'avez- vous continué jusqu'à ce jour ?
MADAME BAZIN
Ennuyée de n'avoir à écrire que mon éternel amour, son excessive suffisance, je l'ai interrompu.
MADAME JACOB
A merveille ! où est-il ce registre ?
MADAME BAZIN
Là, dans mon cabinet.
Bon! Je veux le continuer, moi.-
MADAME BAZIN
Mais comment faire tomber Ce journal entre ses mains ?
MADAME JACOB
Il ne s'agit que de le mettre sur la voie.
MADAME DUPARC
Voici mon mari qui vient dans cette chambre avec le votre.
MADAME JACOB
Eh ! vite , venez avec moi.
MADAME BAZIN
En vérité , vous me faites faire tout ce que vous voulez.
MADAME DUPARC
Je suis curieuse de voir ce qu'elle va lui dicter. ( Elles entrent toutes les trois dans le cabinet. )