‹ Œuvres (volume 5)Chapitre 71 sur 389 · ACTE IV, SCENE IX. io · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IX. io

ombrageux, trop défiant; mais peut -être un excès de cette nature est-il moins déraisonnable que le votre.

BAZIN

Oh! sans doute; mais, de grâce, dites-moi...

DESGRAVIERS.

D'après la perversité qui règne parmi les hommes....

BAZIN

Et parmi les femmes, mon ami. Ah! oui, vous avez bien raison; plus de mœurs , tout est renversé , bouleversé dans la nature...

DESGRAVIERS.

Voilà de l'exagération ! il ne faut pas croire que l'Etat soit perdu parce que votre ménage est un peu troublé.

RAZIN.

De grâce, hâtez-vous de m'apprendre...

Vous me connaissez assez pour être persuadé que c'est bien involontairement que j'ai appris ce que je vais vous révéler.

BAlZIN.

Ah! je le sais! Vous n'êtes ni curieux, ni tracassier. ni bavard ; mais venons au fait.

DESGRAVIERS.

J'aime à voir que vous me rendiez justice; j'étais à ce café où nous avons fait cette partie de trictrac hier au soir.

BAZIN

Eh bien?

DESGRAVIERS.

Que je n'ai perdue que par étourderie,

BAZIN

Oui, par étourderie. Après?

io4 LES TROIS MARIS.

DESGRAVIERS.

Nous parlions des affaires publiques, suivant l'usage du déjeuner, lorsque Lecoq est entré.

BAZIN

Lecoq !

DESGRAVIERS.

Oui , ce Lecoq que vous ne voulez pas absolument croire l'amant de votre femme. Il fit bientôt changer la conversation ; c'est un homme qui ne sait parler que de ses bonnes fortunes.

BAZIN

Eh bien ?

DESGRAVIERS.

Eh bien.... mais je voudrais que Duparc fût ici, car le fait le regarde autant que vous.

BAZIN

Eh bien! soyez content, tenez, c'est Duparc que j'entends : mais , de grâce , maintenant soyez bref.

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