ACTE V, SCENE VIL n
Tout à l'heure vous l'allez voir paraître; elle prépare ses expériences.
DESGRAVIERS.
Ses expériences ! Pourquoi descendre au jardin ? ne pas me recevoir dans son appartement ?
LEDOUX
C'est ici qu'elle reçoit ses amis quand il fait beau comme aujourd'hui.
DESGRAVIERS.
Ses amis ! Je ne la connais pas.
LEDOUX
Je veux dire les honnêtes gens , ou du moins ceux qui le paraissent comme vous.
DESGRAVIERS.
\ous ne parliez pas si poliment hier, quand vous me refusiez la porte.
LEDOUX
Ah dame! hier n'est pas aujourd'hui.
DESGRAVIERS, Cl part.
Si j'interrogeais ce valet ?
ledoux, a part.
Comment l'amener à parler de cet autre, de M. Lecoq ?
DESGRAVIERS.
Votre maîtresse est bien habile, n'est-ce pas, mon uni ?
C'est surprenant , monsieur ; ce ne sont pas seulement des femmes qui viennent nous consulter; il nous vient des hommes. Oh mais! des hommes d'esprit; je m'y connais, moi, parce qu'à cet Opéra j'en ai tant vu:
K'i6 LES TROIS MARIS.
des musiciens qui demandaient des poèmes, des poètes qui demandaient des décorations.
DESGRAVIERS.
Il me semble , lorsque je suis entré , que j'ai vu sortir un homme de bonne mine , que j'ai cru reconnaître; n'était-ce pas
LEDOUX
M. Lecoq.
DESGRAVIERS.
Vli! il vient aussi consulter les devineresses?
LEDOUX
Ah! c'est une affaire à part; une consultation comme il n'y en a pas.
DESGRAVIERS, Cl part.
Nous y voilà. Pauvre Duparc ! pauvre Bazin!
LEDOUX
C'est que , voyez-vous , madame est dans la fleur de la jeunesse.
DESGRAVIERS.
Je le sais, et on la dit fort jolie.
C'est une honnête femme, au moins ; mais nous n'en avons pas moins nos soupirants.
DESGRAVIERS.
Comment! est-ce que monsieur Lecoq lui aurait rail entendre que sa beauté l'a touché ?
LEDOUX
Et pourquoi pas ?
D K S G Et A V I E K S.
Y m vérité?