ACTE V, SCENE XI. i
DUPARC
Mais écoutez donc : un peu de sang froid. On n'est pas de cet emportement... Modérez-vous.
BAZIN
Que je me modère! Quoi! me préférer ce monsieur Lecoq! L'indigne!
Ah ! mon Dieu ! ce que c'est que la jalousie ! Tenez , voilà Desgraviers, il vous instruira....
BAZIN
C'est vous , mon ami ? eh bien ! où en sommes-nous ! Où en êtes-vous? Qu'avez-vous appris?
DESGRAVIERS.
J'en suis, mes chers amis, j'en suis.... Ah! j'étais loin de m'attendre à ce qui vient de m'arriver.
DUPARC
Ah! bon Dieu! qu'avez-vous donc?
BAZIN
Vous redoublez mon inquiétude!
DESGRAVIERS, d'll/1 tOU doleïlt.
Non , mes chers amis , ne vous inquiétez pas , ne vous attristez pas; tout va le mieux du monde pour vous , et vous êtes trop heureux !
DUPARC
Mais vous nous annoncez notre bonheur d'un ton bien douloureux!
DESGRAVIERS.
Ah! c'est que vous ne savez pas, vous ne pouvez pas vous douter... Mais , avant tout, de grâce , répondez-moi. Vous connaissez le jeune Valmont ?
BAZIN
C'est un de mes élèves , un très-joli sujet ; mais c'est ma femme dont il me faut parler.
DESGRAVIERS.
Ce jeune Valmont, mon cher Duparc , n'a-t-il pas gagné un procès, il y a un an?
DUPARC
Oui, un procès qui l'obligeait à se cacher, et dont le succès décida son mariage. Mais, de grâce.... M. Lecoq?
DESGRAVIERS.
Ainsi les amours de ce Valmont étaient donc bien secrets?
BAZIN
Eh! oui, très-secrets; mais, de grâce....
DESGRAVIERS.
Et n'y a-t-il pas eu une lettre interceptée...
BAZIN
Qui, dit -on, fit le malheur d'une de ses amies, parce qu'il y avait un mari brutal.... Mais quel rapport ce Valmont peut-il avoir avec ma femme , avec la sienne?
DESGRAVIERS.
Un mari brutal! Voilà ce que c'est, elle est innocente, et ce n'est que moi que je puis accuser de mon malheur.
BAZIN
Ah ça! perdez -vous la tête, mon voisin? ou vous moquez-vous de nous?
Encore une fois, mes chers voisins , tranquillisezvous. Vos femmes sont la vertu même , tout est éclairci.
DU PARC
I te fait est que nos femmes sont ici , ou vont arriver