‹ ŒuvresChapitre 110 sur 345 · ACTE II, SCÈNE VIII. i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII. i

Mon Dieu! mon Dieu! laissez-moi faire.

De ces hardes , de ces effets Ne faut-il pas qu'on fasse l'inventaire? (Bertrand ouvre les malles.) GERVAis, tirant chaque effet de la malle a mesure qu'il le nomme.

Une perruque brune , une rousse , une blonde ; Une barbe postiche avec de faux sourcils. JAVOTTE.

Mon Dieu ! mon Dieu ! que pour tromper le monde Tous ces gens-là sont subtils!

gervais , tiraiU un casque grec et un turban. Bonnet de Turc , casque de militaire.

BERTRAND

Non , c'est un casque de pompier.

gervais , tirant un chapeau gris.

Un chapeau de meunier.

Jetons de cuivre. Ils font de la fausse monnoie.

BERTRAND

Bon Dieu ! combien de bas de soie !

GERVAIS

De quelque marchand bonnetier Ils auront pillé la boutique.

Bertrand, tirant une tunique.

Petit pet-en-1'air à l'antique , Une guitare, un tambourin.

JAVOTTE

Dans leur caverne ils font de la musique. BERTRAND.

Des pantoufles de maroquin, Bobes de femme de satin, Un pot de rouge à peindre le visage .

Un pot de blanc dont j'ignore l'usage, Habits de toutes les couleurs.

Mais s'ils étaient des grands seigneurs?....

i38 LES COMÉDIENS AMBULANTS.

JAVOTTE

Paires de boucles argentées ,

Bagues en faux brillants montées,

Habits brodés d'or et d'argent ,

La broderie est de clinquant.

O ciel ! que d'armes meurtrières !

Sabres , couteaux et pistolets ,

Dagues , fusils , poignards , mousquets.

TOUS

O ciel ! que d'armes meurtrières !

JAVOTTE

Le sabre n'est pas bien tranchant;

Plus d'un fusil est de fer-blanc.

TOUS

Et qu'importe ! ce sont des preuves assez claires. Courons les arrêter; en tardant davantage Nous leur laissons le temps de gagner la foret.

De la prudence et du courage ,

Partons, partons, me voilà prêt;

De la prudence et du secret.

JAVOTTE

Ah! mon Dieu! les voilà qui reviennent.

GERVAIS

Est-il possible ! Allons , allons , de la présence d'esprit , du courage ; eh ! vite envoyez chercher la forcearmée.

LE GREFFIER

A qui le dites-vous? Vite, Bertrand! Ne m'abandonnez pas.

( Bertrand sort et revient bientôt avec quelques gendarmes. Le greffier, Javotte et Gerçais se retirent dans un coin du théâtre. )

GERVAIS

Comptez sur moi.

Page 1