ACTE II, SCÈNEJX. i4i
poignarde sa maîtresse ou son confident , et le plus souvent il finit par se tuer lui-même après eux.
GERVAIS
Comment ! il se tue !
LE GREFFIER
Vous moquez-vous de nous ? en prison.
Comment ! en prison ; un moment , s'il vous plaît. Voulez-vous la preuve que nous sommes d'honnêtes comédiens ? Prenez cette valise , ouvrez vous-même, elle renferme nos papiers , nos répertoires signés et parafés par les officiers municipaux de toutes les villes où nous avons joué.
le greffier, en ouvrant la valise.
Eh bien , voyons , voyons cette valise ; je ne demande pas mieux que de vous trouver innocents. Il est certain que tous les effets inventoriés peuvent appartenir à des comédiens ; et moi qui ai toujours été passionnément amoureux de la comédie , je serais charmé.... Eh! mais, que vois-je! me trompé-je! Non. Voilà tous les effets , qui , suivant ma note , doivent se trouver dans la valise volée ce matin.
bellerose, examinant la valise.
Eh mais! cette valise n'est pas la notre.
LE GREFFIER
Je le sais parbleu bien qu'elle n'est pas à vous : c'est ce matin que vous l'avez enlevée à un pauvre voyageur qui cheminait tranquillement dans la forêt.
BELLEROSE
Comment!.... Cette valise serait... Ah! je vois d'où provient la méprise. C'est ce diable de Ragotin qui , pendant que je causais avec le cousin Hubert....
RAGOTIN
Sans doute , c'est moi qui aurai fait le mal.
LE GREFFIER
Allons, allons, en prison.
FLORIDOR
Permettez-donc ; ce que j'ai dit n'était qu'une plaisanterie.
LE GREFFIER
Une plaisanterie ! je vous trouve plaisant d'oser plaisanter avec la justice.
RAGOTIN
Monsieur le greffier, je me permettrai de vous observer que je ne suis qu'un amateur; je suis la troupe au théâtre, mais je ne me soucie pas du tout de la suivre en prison.
LE GREFFIER
Allons, allons, marchez de par la loi.