‹ ŒuvresChapitre 144 sur 345 · ACTE II, SCENE III. i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III. i

A votre âge, ignorer ainsi vos intérêts! Nous n'avons tous les deux que d'honnêtes projets; Vous convoitez un gendre , et moi je cherche à vivre. Voyons de bon accord quelle marche il faut suivre. madame saixt-alard, moitié fâchée , moitié en riant. Le fourbe, comme il met les choses à profit!

D ABLAXVLLLE.

Mais convenez que j'ai vraiment un bon esprit. Quelque rancune enfin pourrait m'êfere permise ;

Hier vous me chassiez avec une franchise

Il répugne à mon cœur de bouder mes amis. \li ça, de bonne foi, nous voilà donc unis?

MADAME SAI1VT-ALARD

La bonne foi toujours fut dans mon caractère.

D A Bî. AIT VILLE.

Je le sais; moi, je crois notre union sincère: Nous avons intérêt à ne pas nous tromper.

MADAME S A I N T - A L A R D , avec COufîailCf.

Aux charmes d'Aglaé pourra-t-il échapper ?

DABI. A XA'ILLE.

Impossible : quelle est cette jeune personne Arrivée avec lui?

Ma nièce.

D YBLAIS VILLE.

Je soupçonne Qu'il nous cache pour elle un tendre attachement.

MADAME SADT-ALARD.

\ ous aurait-il déjà confié

DABLAIN VILLE.

Non vraiment .

Sur elle il a gardé le plus profond silence.

MADAME SAINT-ALARD

Oh ! ce n'est tout au plus qu'une amitié d'enfance ;

Ma fille vaut bien mieux : c'est une vérité

Qu'on peut lui faire entendre; et moi de mon coté...

DABLA1VVILLE.

Oh ! je ne taxe pas votre reconnaissance.

MADAME SAINT-ALARD

Comment ?

' DABLANVILLE.

Je m'en rapporte à votre conscience.

Le bien environner est un point important: D'un ami de son père il parlait à l'instant ; Clermont ?

madame saint-alard, fres-effrayêe.

Ciel ! jusqu'ici nous suivrait-il encore ? Ce Clermont n'a-t-il pas un fils ?

DABLANVILLE.

Mais je l'ignore.

MADAME SAINT-ALARD

C'est lui , n'en doutons pas ; qu'il n'entre pas ici.

DABLANVILLE.

Mais il sait que chez vous vous avez Térigny. Serait-il bien prudent de lui fermer la porte? Il pourrait soupçonner....

MADAME SAINT-ALARD

Au moins faisons en sorte Qu'il ne puisse entrevoir ni ma fille ni moi.

DABLANVILLE.

Fort bien ; mais s'il vous plaît , d'où vous vient cet effroi ?

Cet effroi ? point du tout , et je n'ai rien à craindre : Mais de cet homme-là j'ai sujet de me plaindre. Un philosophe, un ours, sans éducation;

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