‹ ŒuvresChapitre 16 sur 345 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

DORLIS, madame DERCOUR, SOPHIE.

DORLIS.

Je crois que ces marauds se permettent encore de plaisanter. S'ils ne s'éloignent au plus tôt...

MADAME DERCOUR.

Les voilà partis ; laissez-les : en vérité , ils m'ont fait une frayeur dont j'ai peine à me remettre. Quelle reconnaissance ne vous devons-nous pas ?

SOPHIE

En effet , monsieur ne pouvait pas se trouver là plus à propos.

DORLIS.

Vous attachez trop de prix, mesdames, à un léger service qu'il était du devoir d'un galant homme de vous rendre. C'est à moi à me féliciter de l'heureuse rencontre que j'ai faite.

MADAME DERCOUR, « SCI Jîlle.

Ce jeune homme paraît fort aimable.

SOPHIE

Il s'exprime avec une grâce toute particulière.

MADAME DERCOUR.

Pourrais-je au moins savoir à qui nous avons tant d'obligation ?

Je me nomme Dorlis.

MADAME DERCOUR.

Vous n'êtes pas de cette ville ?

sa LE VOYAGE INTERROMPU.

DORLIS.

Non , madame , j'arrive de Paris.

MADAME DERCOUR.

Je m'en doutais. Ces jeunes gens de Paris ont un certain je ne sais quoi qui n'appartient qu'à eux.

DORLIS.

Je suis à Montargis depuis huit jours , et je loge....

SOPHIE

Dans cette auberge , je crois ?

DORLIS.

Il est vrai.

MADAME DERCOUR.

Ah!.... tu avais déjà remarqué...

SOPHIE

A la fenêtre , aux promenades.

MADAME DERCOUR.

En effet , à présent je me rappelle , je crois , vous avoir aperçu hier ou avant-hier aux Belles Manières. Les Belles Manières sont comme qui dirait le Tivoli de Montargis. Et comptez-vous rester dans notre ville ?

DORLIS.

Les affaires qui m'y ont amené ne sont pas très-importantes; mais la société m'y paraît si agréable, que j'y prolongerais mon séjour avec bien du plaisir.

MADAME DERCOUR.

C'est qu'en effet.... Ecoute donc, ma fille, ce jeune homme nous a rendu service.

SOPHIE

Je le crois très-honnête.

MADAME DERCOUR.

Nous ne risquons rien de l'engager à venir nous voir.

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